Ils ont fait l’histoire du Burkina : Portrait de Saye Zerbo (1932 – 2013)

Le colonel Saye Zerbo est né le 27 août 1932 à Tougan, dans la province du Sourou. Après
ses études primaires et secondaires au Mali et à Saint-Louis du Sénégal, il suivit des cours de
sciences économiques et de sociologie à l’Institut africain de développement économique et
social. Il intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr pour ensuite servir par dans les
troupes parachutistes françaises au cours de la Guerre d’Indochine, puis de la Guerre
d’Algérie. Il quitte l’armée française pour rejoindre celle de la Haute-Volta en 1960 après
l’indépendance, le diplôme de l’École supérieure de guerre de Paris en poche.
En 1974, Saye Zerbo est nommé ministre des Affaires étrangères par le président Sangoulé
Lamizana, poste qu’il va occuper jusqu’en 1976. Le 25 novembre alors qu’il commandait
quasiment toutes les troupes présentes dans la capitale et tenait les services de
renseignements, il renverse par un coup d’État le président Lamizana et instaure le Comité
militaire de Redressement pour le Progrès national (CMPRN) qu’il dirige. Il fait la promotion
de plusieurs jeunes officiers parmi lesquels les capitaines Thomas Sankara, Blaise Compaoré
et Henri Zongo. Son pouvoir est marqué par une volonté de lutter contre la corruption et
mettre le pays au travail. Très populaire après son accession au pouvoir, il fit encore sensation
en parcourant tout le pays pour être au contact des masses. Cependant, sa manière cavalière de
gérer le pouvoir et surtout les dissensions avec le monde syndical qui atteignirent leur
paroxysme avec la suspension du droit de grève. Les mesures impopulaires devenaient
nombreuses comme la fermeture des débits de boissons aux heures de travail ou les
affectations dans des régions reculées. Tout ce condensé fini par emporter le CMPRN au soir

du 7 novembre 1982. En effet, un coup d’État militaire porta au pouvoir le Conseil du Salut
du Peuple.
Arrêté, il est jugé et condamné sous la Révolution par un tribunal populaire le 3 mai 1984 à
une peine de 15 ans de prison. En août 1985, il est libéré et placé et en résidence surveillée
dans son village pour finalement voir sa condamnation annulée par la Cour suprême le 18
février 1997.
Pendant ses moments de détention, Saye Zerbo se convertit au christianisme en méditant sur
la Bible que lui avait offerte le Cardinal Zoungrana aux premiers jours de sa prise de pouvoir.
Disparu le 19 septembre 2013, le colonel Saye Zerbo n’a jamais habité la Présidence comme
son prédécesseur, le général Lamizana.

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