L’économie du Burkina Faso

Le Burkina Faso est un pays enclavé situé en Afrique occidentale. Avec des ressources naturelles et une population estimée à près de 20 millions en 2019, son économie est fortement dominée par l’agriculture qui emploie près de 80 % de la population active et contribue au PIB à hauteur de 30%. Le coton fait figure de culture de rente la plus importante mais ce sont les exportations minières qui mènent la danse de l’économie depuis une dizaine d’années.

  • L’agriculture burkinabè

Le Burkina Faso a un potentiel de terres cultivables estimé à près de 10 millions d’hectares. Sur ce potentiel, le secteur agricole n’en occupe que 3 millions soit un peu moins du tiers du potentiel naturel cultivable du pays. Cette sous-exploitation combinée au fait que le secteur agricole occupe plus de 80% de la population active témoigne d’un potentiel immense à faire valoir d’une part et d’autre part d’une agriculture faiblement modernisée qui reste largement tributaire des aléas climatiques. Son activité s’étend sur toutes les régions du pays même si le type de culture reste varié.

Les principaux produits agricoles du Burkina Faso sont le coton, les oléagineux, les fruits et légumes et les céréales. Hormis les produits de rente notamment le coton, la mangue, le sésame, l’arachide, le karité et le haricot vert, les autres sont presque dans leur totalité, destinés à la consommation intérieure du pays.

Les cultures de contre-saison sont très développées de sorte que le pays approvisionne plusieurs pays en légumes céréales comme l’oignon, la tomate, le haricot vert, la pomme de terre etc. et ce malgré une maîtrise d’eau qui reste perfectible. La dynamique de la création des pôles de croissance autour des zones à fort potentiel hydro-agricole augure de bonnes perspectives notamment avec le pôle de croissance de Bagré, la vallée du Sourou et Samandéni.

Le potentiel en matière d’élevage est très énorme et concerne aussi bien les ruminants que la volaille et le pays est incontestablement un pays d’élevage.

  • Les ressources minières

Depuis plus d’une dizaine d’années maintenant, le Burkina Faso est entré dans le gotha des pays miniers en Afrique. Au fil du temps, son secteur minier qui tournait essentiellement autour de l’or s’est diversifié avec la mise en exploitation d’autres gisements tels le zinc et le manganèse. Ce potentiel minier s’agrémente des informations encourageantes sur la bauxite, le calcaire, les traces de diamant entre autres. Aujourd’hui encore, des entreprises sont en phase de s’installer dans ce secteur.

A ce jour, on dénombre, treize (13) mines industrielles dont douze (12) dans la production d’or et une dans l’extraction du zinc. La mine de manganèse de Tambao réputée être l’une des plus grandes en matière de réserves au monde et de qualité supérieure est actuellement à l’arrêt. D’autres mines sont en construction comme celle de Sanbrado au Ganzourgou dans le Plateau central qui produira 7,3 tonnes d’or par an lorsqu’elle sera fonctionnelle. Ces sites miniers sont répartis sur tout le territoire national.

Dans le souci d’instaurer une bonne gouvernance dans le domaine de l’exploitation minière, le Burkina Faso a décidé d’adhérer à l’initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) en 2008. Il a été déclaré « pays conforme » à l’ITIE en 2013 ce qui est un atout non négligeable, l’ITIE étant une norme de référence mondiale visant à instaurer la transparence au sein du secteur extractif. L’adoption d’un code minier a permis d’organiser tout le secteur minier y compris l’orpaillage artisanal.

Ce boom minier place le Burkina Faso au quatrième rang des producteurs d’or du continent africain derrière l’Afrique du Sud, le Ghana et le Mali.

Le secteur minier a représenté près de 11% du PIB et 71 % des recettes d’exportation du pays, soit 1 308 milliards de F CFA en 2018.

La production aurifère a culminé à plus de 52 tonnes en 2018, contre 45,6 tonnes en 2017, soit une progression de 15,4%, tandis que la production de zinc a atteint 165 100 tonnes en 2018, avec une progression de 0,5% par rapport à l’année 2017.

Par ailleurs, selon certaines études, il est donné à espérer qu’il puisse y avoir du pétrole dans le sous-sol burkinabè.

Aux côtés des secteurs agricole et minier, l’économie burkinabè c’est aussi le secteur des télécommunications en grande effervescence, un taux de bancarisation encore faible qui justifie l’optimisme des services financiers. Le secteur des Bâtiments Travaux Publics (BTP) est en pleine ébullition avec la construction d’infrastructures publiques et personnelles d’où la présence de plusieurs cimenteries de grande capacité de production. La position stratégique du pays fait de lui un carrefour et un lieu de transit des pays de l’intérieur vers ceux de l’hinterland et vice versa. Cette position est favorisée par un réseau routier d’un niveau satisfaisant avec en sus un chemin de fer qui relie Ouagadougou à Abidjan en attendant son prolongement à Niamey au Niger et celui qui devrait relier Ouagadougou à Accra au Ghana dont les études de faisabilité sont très avancées. Le pays est aussi desservi par les plus grandes compagnies aériennes et ce de façon régulière.

En outre, la disponibilité de la main d’œuvre de qualité permet au secteur industriel moderne ou informel de tirer son épingle du jeu. Certes, l’industrie -encore embryonnaire- est dominée par le secteur agro-alimentaire (huileries, sucre, transformation de fruits, de légumes, …) mais on peut tout de même noter la présence d’industries du textile, du plastique, de montage de motos, de transformation de peaux, de cimenteries notamment.

Pays d’élevage, le Burkina Faso traîne un sérieux handicap à savoir l’absence de transformation sur place. Cela dit, le bétail est exporté sur pied alors qu’une transformation pourrait incontestablement donner une nette plus-value. Cet aspect est à exploiter dans la mesure où le marché est très incitatif avec les demandes des pays côtiers et ceux de l’occident.

Le secteur financier

Le secteur financier burkinabè est animé par de nombreuses banques et d’institutions de microfinance. Le taux de bancarisation reste l’un des plus faible en Afrique. En 2017, le FMI estimait que le nombre d’établissements bancaires pour 100 000 habitants est de 3.  Par ailleurs les services de Mobile money sont également en plein essor. Ces services qui ont débuté en 2011 ont connu une croissance exponentielle ces dernières années. Le nombre de titulaires de compte Mobile money a augmenté de 80% entre 20015 et 2016. La naissance et la croissance de ces services ont été favorisés par un environnement réglementaire approprié ce qui augure d’un bel avenir pour l’économie numérique.

Le secteur touristique burkinabè est l’un des maillons forts de l’économie nationale. Les merveilles touristiques avec à leur tête les sites tels les ruines de Lorépéni, les hauts fourneaux et le parc W reconnus comme patrimoine mondial de l’UNESCO sont repartis sur toute l’étendue du territoire national. Des dunes de sable au Nord aux cascades à l’ouest en passant par la faune exceptionnelle des réserves de l’est et du sud qui se prêtent à la chasse sans oublier les produits de l’artisanat etc, le Burkina Faso c’est aussi le plus grand festival de cinéma africain avec le FESPACO (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou), l’un des plus grands salons d’artisanat avec le SIAO (Salon international de l’artisanat et de l’art de Ouagadougou), la Semaine national de la culture (SNC) à Bobo Dioulasso, les Nuits atypiques de Koudougou (NAK) et le tour cycliste international du Faso, le plus emblématique du continent. On peut dire que ce secteur bénéficie en amont d’un véritable potentiel pour attirer les touristes et en aval d’une bonne desserte du pays par les compagnies aériennes et terrestres, et d’infrastructures hôtelières. Cependant, la croissance du nombre de touristes malgré les soucis sécuritaires que connait le septentrion incite à plus d’investissements dans ce secteur. En effet, les installations ne suffisent pas à contenir malgré les efforts les touristes en haute saison et dire que les activités sont quasi constantes toute l’année et surtout le développement depuis quelques années du tourisme intérieur.

En conclusion, il faut retenir que l’économie burkinabè est en pleine mutations, faiblement modernisée et porteuse de belles perspectives par l’attractivité de tous les secteurs. Certes, le pays connait depuis 2016 quelques soucis sécuritaires dans son septentrion mais cela n’a pas entamé la confiance des investisseurs et la croissance continue de son économie peut en témoigner. Pour finir de convaincre que le pays est un potentiel à ciel ouvert, un cadre d’investissement en phase avec les normes contemporaines a été adopté afin d’assurer tous les intervenants.

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